Nuit du vendredi au samedi 13 mai 2023. Notes prises au réveil, avec effort de re-souvenir (pas un premier jet), sur le programme de l’Opéra de Lyon qui traînait à mon chevet.
Dans un jardin, il faut chercher de la porcelaine cachée, sans qu’on sache très bien pourquoi et de qui il faut se méfier, ni par qui ces morceaux ont été cachés-enfouis. Ces bouts de porcelaine sont de plus en plus petits, et la tâche devient impossible. Et de plus en plus nombreux : évidents, rien n’est pas caché. Pas de menace directe ; on devine tout de même qu’il s’agit de ne pas faire de peine à quelqu’un qui vient de nous aider à fuir. Précipitation, on entend ‘vite-vite’, on descend dans une sorte de demi sous-sol , dont le décor linéaire se précise, angles, lignes perspectives. Je dois grimper dans une nacelle descendante, câble, dans une atmosphère de neuf et de netteté, mais instable, qui tangue. Mais ça va, sentiment paradoxal de soulagement : fin de la fuite, sans doute, et plaisir de la descente. Puis quiétude devant un paysage marin, à la fin de la course vers le bas. Lenteur, beauté naturelle. Ça descend encore, mais persistance d’être au spectacle ; ça tangue. Je suis bientôt le long d’un immeuble, qui semble posé (fondations ? Difficile de comprendre) sur des rochers nus.Mais scène panique quand le rêve montre le vide alentour, sous la nacelle, vers les rochers (menace) Mais je m’accroche. Long. Je touche terre, sans que je fasse rien. Décor de plage. Mais je suis couvert de petits grains (de sable ?) ; puis plein la bouche ; ça semble comestible pourtant, mais je crache, et me nettoie. Le danger disparaît. Occupé à cracher, encore. Parviens à me débarrasser d’une sorte de semoule qu’est devenu le sable. Survient un joggeur, qui vient de la plage. On entend dans le rêve : ‘ d’où sort-il ?’ Je reconnais Olivier Barban, qui rigole (peut-être plaisir de surgir d’un rêve, de surprendre) Il me prend par le bras, et me tire et (illisible) et me dirige vers une pièce plus claire où je me nettoie encore un peu, sans son aide. Il file et poursuit sa route, sans forcer. Il disparaît. Furtif et fuyant. Je sors, rue claire : je semble tiré d’affaire quand le rêve se fond dans le réveil du petit matin. Je fais alors des efforts pour me souvenir : je note vite fait ce qui précède. Donc : prénotation du rêve, recomposée avant que tout ne disparaisse)
Je rapporte d’ordinaire ces rêves dans un carnet au papier bible. A la page du rêve sable-semoule, j’avais noté ce matin-là : belle lecture du Journal de Reynaldo Hahn. Légèreté, intelligence. Miracle. Livre de chevet de l’hiver 23 (reproduction c-dessus).