Chet Baker : déréliction et voyeurisme

Vu le 20 novembre 2024 à Chabeuil, qui programmait en ouverture de son Festiv’Jazz, et avec l’aide de l’association Culture Ciné, un documentaire à propos de Chet Baker : Let’s get lost, tourné en 19 88. Très utile puisqu’avec du recul, on peut mieux juger de ce film, fruit d’une ‘descente’ de la fin des années 80, où il faut payer pour les excès des années d’avant. Chet Baker y est décavé et enlaidi : il s’avance vers sa mort de junkie, cynique et manipulateur. Sa déchéance est mise en scène, en noir et blanc s’il vous plaît, traînante, envapée : on comprend que le jazz cool, west coast, est mort d’overdose. Film de voyeur (Bruce Weber, publicitaire, et à voir ça, pas grand chose de plus) esthétisant : dans les années qui allait suivre ce tournage, les mannequins auront l’air de camées. De surcroît : peu de musique, pas de contexte jazz-cool, si ce n’est les enregistrements réalisés pour le film même, a capella fatigués du vieux Baker. En dit plus long sur l’époque du tournage (et de ce côté-là, utile, donc) que sur son sujet, le Baker solaire des années 60. L’ami William, qui voit le film avec moi, et qui a entendu Baker, à Paris pendant cette période crépusculaire, témoigne et renchérit : ‘…défoncé, il a rien donné, c’était terrible… J’illustre par un photogramme du film, piraté pendant la projection, qui donne une idée du sentiment qui domine la projection.

hop du balai