Rêve de la nuit du 13 au 14 janvier 2025. Un jeu de stylos.

J’écris. La scène est en très gros plan et, sous mes mains autour cela feuille blanche où j’écris, une grande quantité de stylos de toute sorte, très bien détaillés et visuellement très beaux, très colorés et brillants. Très beau fond, très beau tableau. Stylos quatre couleurs notamment, très longuement détaillés, neufs ou anciens, rouges et noirs, d’écailles ou lisses. Ils sont disposés dans tous les sens, en travers, sur deux couches épaisses. Mais tout de même, je trouve de la place pour écrire, des volutes, avec un stylo oblong au corps épais, qui laisse de la place pour les doigts, de forme étrange. Puis je prends un stylo très fin et très brillant, à la couleur changeante. La scène est impossible, très rapide ; il n’y a pas de bords à cet écran, qui est envahi de stylos (pas de stylos plumes) et pourtant je trouve de la place pour écrire sur du papier blanc dont on ne voit rien. Beau et lent mouvement de camera. Je note (réalité) que mon bureau est depuis longtemps plein des mêmes stylos, ou feutres à écrire, qui se répandent autour de mon clavier, parmi les pochettes et paperolles.

Puis, on me pique des stylos billes, qui disparaissent peu à peu. Une main les subtilise vivement, avec la même vivacité que les gestes d’écriture de toute à l’heure. C’est la signature de ce rêve : la vitesse, et les couleurs vives. On voit ensuite qui est l’auteur de ce vol de stylo : c’est François Léon, très reconnaissable dans le rêve, bonne bouille ronde et sympathique. [François Léon était mon meilleur copain en 6e et 5e au lycée Colbert, à Paris. Je ne me souviens pas qu’il soit jamais apparu dans mes rêves. Il habitait dans les tours de Flandre, pas loin du lycée, et sa mère organisait la bourse aux livres scolaires d’occasion. François Léon était un bon élève.] Il me pique encore un stylo, en rigolant ; il les range par genre et catégorie, ce qui m’épate (dans le rêve). Il se met à écrire et très facilement, ça se transforme un peu : François Léon trace des volutes compliquées, des figures de pleins et déliés, très cool et complexes qui transforment la scène en prouesse d’écriture : on s’amuse en riant : il s’agit de dessiner des lettres, liées les unes aux autres et d’enchaîner le plus vite possible le plus grand nombre de lettres. François Léon est très habile à ce jeu, un virtuose, surtout pour les majuscules déliées (pas des bâtons), les H, très bien décrites, et les F et les L, et tout s’emmêle, très facile et sans contraintes, plaisir des traces et des formes. Je m’y mets, moins doué, ça fait rire, mais très beaux M et N ; les stylos du fond ont disparu ; la feuille blanche.

Et puis le rêve élargit son point de vue et implique un troisième garçon. C’est moi qui le dévoile, et le nomme : ‘Ah mais c’est ton copain Mazlou qui te montre, c’est comme ça que tu fais de belles lettres, que tu as de bonnes notes. C’est Mazlou. On rigole du truc. Mais on ne voit Mazlou que très vite, et le jeu s’arrête, comme la découverte de Mazlou était si spectaculaire qu’elle recouvrait le jeu des stylos. [Mazlou, c’était Bruno Mazloumian, frêle bonhomme, premier de la classe, très sympathique, des mêmes années de lycée. Mazlou était son diminutif de l’époque.]

-Ce rêve ne constitue pas un souvenir puisque le jeu de lettres décrit ici n’a jamais existé entre nous ;

-Tout ça peut-être : temps heureux des petites classes, plaisir des déliés, richesse et beauté de ces matériels d’écriture. Admiration des bons élèves. Ma tendance à l’hypermnésie scolaire. 

-Et peut-être encore : bonheur en ce moment de travailler la nuit. Malade, abcès dentaires, alité, nuits hachées et seul dans notre grand lit : journaux et livres, notes, radio. 

hop du balai