Séance très amusante, distrayante, au Lux de Valence, le jeudi 17 septembre, milieu d’après midi, qui projette un documentaire en 3D stéréoscopique d’une heure ; ça tire sur la projection de diapos familiales, très heureuses et élégantes, belles femmes et beaux sportsmen des années 10 et 20, insouciants et légers (trop légers) ; elles fument, ils virevoltent, un charme fou. Les images, tirées des nombreux albums conservés par Lartigue, ont été restaurées ; on nous a distribué de bonnes lunettes, qui permettent de bien voir le relief et la profondeur des images stéréoscopiques. C’est comme un jeu, une trouvaille désuète ; c’est très agréable, fugace. Et vain, mais ça n’a aucune importance : on est pris par le charme, pris au piège du temps retrouvé.
Tout au long, je m’amuse à prendre des photos de l’image projetée sur l’écran (format carré, inhabituel et intrigant, parfait), floues comme ils se doit et dont seules les lunettes permettent de restituer la netteté, et, donc, le relief. Artificiel ? Et alors ? C’est un procédé optique, c’est déjà beaucoup, qui rend du volume aux images, et qui permet d’approcher une certaine vérité, disons charnelle : ces très belles jeunes femmes aux bains de mer ont des peaux ‘à toucher’, proches, ourlées de muscles fins, superficielles et profondes. Le commentaire nous suggère des sortes de ménages à trois (Lartigue, sa jeune épouse et des amies de passage…) : le relief rend alors littéralement palpable la sensualité, offerte et tranquille, discrète, des scènes présentées. On nous dit que bientôt Bibi est partie ‘vers d’autres bras’, ceux qu’on vient d’observer et d’admirer sans doute, lesbiens pour sûr, tels dont le relief du stéréoscopes nous a révélé l’emprise charnelle..