Nuages flottants, de Mikio Naruse

Samedi 7 mars 2026, vu au cinéma Les Navires, à Valence, Nuages flottants, de Mikio Naruse, film de 1955. Film dur et triste dans un Japon retour de guerre coloniale, défait. Pauvreté (et prostitution) pour l’héroïne (vedette Hideko Takamine), insécurité et froideur, qui ne peut rencontrer que l’exil et l’errance de son amant (très beau Masayuki Mori). La mise en scène conduit leur destinée amoureuse, tragique : pauvreté des intérieurs où ils se retrouvent, froid, plans séquences longs et saisissants qui cloitrent les deux personnages dans leur tristesse amoureuse. Mais leur attirance physique est irrésistible, très perceptible : très belle scène de bains dans une escapade montagnarde. Mais elle est malade et ne peut se soigner, et la maladie empire. Et il pleut sans cesse. Leur voyage final où elle meurt est noyé et obscurci par la mousson, comme un retour à la sauvagerie du Vietnam qu’on découvrait dans les flash back du début du film. Un Japon de forêts et de boue, sans échappatoire.

Avant la projection : moment sympathique où le spécialiste venu présenter le film, Pascal-Alex Vincent, propose un quizz sur le cinéma japonais. Salle bonne très agréablement connaisseuse. Je réponds à la première question : quelle film japonais à obtenu la palme d’or à Cannes en 1983 ? Jeme précipite : Narayama, et me reprends : La Ballade de Narayama. C’est sans doute la date, qui m’a mis sur le souvenir de ce film où j’avais entraîné ma mère, pendant la période de deuil de ma grand mère. Pauvre vieille, je me demande encore si j’avais bien fait, ma brutalité sans nuance…Mais le film lui avait plu. Et, pour prix de ma bonne réponse, j’ai gagné un petit livret bien fichu à propos de ces Nuages flottants.

 

hop du balai